Beaubourg Hors les murs - Sergueï Paradjanov

Beaubourg Hors les murs – Sergueï Paradjanov

Sergueï Paradjanov

Jeudi 4 octobre 2012
18h à l’Amphithéâtre

Sergueï Iossifovitch Paradjanov (en cyrillique russe : Сергей Иосифович Параджанов, en arménien : Սարգիս Հովսեպի Պարաջանյան Sarkis Paradjanian) né le 9 janvier 1924 à Tbilissi en RSS de Géorgie, mort le 20 juillet 1990 à Erevan en Arménie, est un réalisateur qui fut controversé en Union soviétique, mais très défendu et apprécié par les cinéphiles occidentaux. Un musée lui est consacré à Erevan, en Arménie, où il est considéré comme le grand cinéaste national.

Sans connaître la langue de ses ancêtres arméniens, ni leur pays, Paradjanov va graduellement s’éloigner de la grammaire soviétique pour élaborer une œuvre cinématographique en prise directe avec les traditions des régions où il tourne (Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan, Arménie.Artiste pluriethnique, musicien, plasticien, peintre, il doit en partie sa tournure d’esprit au fait que son père, Iossif Paradjanian, était antiquaire. Un contact précoce avec les objets d’arts a façonné son imaginaire et son goût pour les collections. Il a inspiré sa pratique stakhanoviste des collages, qui tiennent à la fois de l’art conceptuel et du folklore naïf ; des films compressés en quelque sorte, que Paradjanov bricolait lorsqu’il ne pouvait pas tourner (en prison notamment). Sa vie et son art étaient mêlés. Sa maison familiale de Tbilissi, ouverte aux hôtes de passage, était un grand capharnaüm où s’entassaient décors, costumes et objets d’art hétéroclites.

Paradjanov est issu d’une des plus grandes écoles de cinéma du monde, le VGIK de Moscou, dans laquelle il entre en 1945. Un de ses professeurs est Alexandre Dovjenko. En 1950, Paradjanov se marie avec Nigyar Kerimova, à Moscou. D’origine musulmane tatare, elle se convertit à la religion orthodoxe pour l’épouser. Elle sera plus tard assassinée par des parents qui ne lui ont pas pardonné cette conversion. Paradjanov émigre ensuite à Kiev où il tourne plusieurs documentaires (Doumka, Les Mains d’or, Natalia Oujvy).

En 1968 il réalise Sayat Nova un des chef-d’œuvres cinématographiques du XXe siècle. Le film sera également censuré. Sayat- Nova (La Couleur de la grenade), est inspiré de la vie d’un poète arménien mort en Géorgie. Au lieu d’un récit linéaire, le cinéaste, à la fois structuraliste et traditionaliste, opte pour une série de tableaux vivants représentant des moments clés de la vie du poète. Paradjanov déclare : « Il m’a semblé qu’une image statique, au cinéma, peut avoir une profondeur, telle une miniature, une plastique, une dynamique internes… »

« Immense mulquinier (ou tisserand) d’images, comme Sarkis Paradjanian (dit Sergueï Paradjanov) a été bateleur d’images. Son film allégorique, demeurera comme une vraie clef pour la compréhension de l’œuvre du troubadour. Tous deux parlent autrement, par figures, et c’est là, toute la force de leur création temporelle sur l’agora de leur temps et de tous les temps », selon les traducteurs français.

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