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Jean Vigo, À propos de Nice

Jeudi 1er décembre 2011
18h à l’Amphithéâtre


Le réalisateur 
Jean Vigo est le fils de l’anarchiste Eugène Bonaventure Vigo, dit Miguel Almereyda, directeur des journaux La Guerre sociale et Le Bonnet rouge.
Jean Vigo est l’arrière-petit-fils de Bonaventure Vigo maire de Saillagouse en Cerdagne et premier viguier d’Andorre.
En 1917, son père se reconvertit au pacifisme après avoir mesuré les horreurs de la guerre et est arrêté et incarcéré à la prison de Fresnes. Il est retrouvé mort, étranglé avec son lacet de chaussure dans des circonstances douteuses. La vindicte de l’extrême droite est virulente et menaçante, la famille se cache.
Jean Vigo est rejeté de lycée en lycée, tenu à l’écart par ses camarades.
Il est connu pour deux films qui influeront sur le futur développement du cinéma français et mondial : Zéro de conduite (1933) et L’Atalante (1934).
Il réalisa aussi auparavant le film La Natation par Jean Taris (1931), une élégante étude du nageur Jean Taris.
Ses films sont décrits par certains comme anti-patriotiques, et sont censurés par le gouvernement français, l’Atalante est remonté par ses producteurs et ressorti sous le titre Le Chaland qui passe, tandis que Zéro de conduite ne sera autorisé qu’en 1946.
Parmi les premiers spectateurs se trouve François Truffaut qui dit lui devoir son regard.
Jean Vigo meurt à Paris de septicémie. Il est enterré au cimetière parisien de Bagneux.
En 1951, est créé en son honneur le prix Jean-Vigo, qui distingue souvent de jeunes réalisateurs. En 2007, le Festival Punto de Vista, en Espagne, distinguera le meilleur directeur de sa compétition internationale avec le premier Prix Jean Vigo espagnol.

Le film 
À propos de Nice est un film réalisé en 1929 et sorti l’année suivante. Co-réalisé avec Boris Kaufman
Le film a été réalisé dans le cadre des Cités symphonies, une série sur les villes dans lesannées 1920. Cette série veut montrer la modernisation de la ville grâce à un travail formel et mécanique. Le tournage s’effectue sur une journée.
C’est un documentaire d’auteur éminemment personnel qui démontre une démarche réaliste avec un point de vue subjectif déterminé en faisant le portrait critique de la ville et qui, avec virulence, dénonce entre autres les inégalités sociales ainsi qu’une certaine forme de voyeurisme.
Ce film est ce que Jean Vigo appelle un point de vue documenté, c’est-à-dire que la caméra doit être considérée comme un document aussi bien à la prise de vue qu’au montage, auquel est attaché un point de vue étayé pour une fin déterminée qui exige qu’on prenne position.
La Cinémathèque royale de Belgique conserve la copie d’un montage préliminaire du film (copie de travail) très probablement unique, envoyée et présentée par Vigo au Deuxième Congrès international du Cinéma indépendant qui eut lieu au Palais des beaux-arts de Bruxelles. C’est à cette occasion qu’il rencontra Henri Storck qui devint son assistant et comédien dans Zéro de conduite.
En 2009, Henri-Claude Fantapié compose une musique éponyme pour accompagner ce film.

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