ESBA Le Mans Expositions Intra-muros Mathieu Dufois, L’Image après l’oubli

Mathieu Dufois, L’Image après l’oubli

Exposition du 10 novembre au 16 décembre 2011
Du lundi au vendredi de 13h à 19h / samedi et dimanche de 14h à 17h
Vernissage le mercredi 9 novembre 2011 à 18h

Mathieu Dufois a fait ses études supérieures à l’Ecole des beaux-arts du Mans. Il obtient son diplôme en 2007 et reçoit la même année le 1er prix de la manifestation européenne intitulée Mulhouse 02, dédiée aux jeunes artistes diplômés de l’année sur le continent européen. Il est représenté par la galerie ALFA à Paris.

Rentrer dans les dessins de Mathieu Dufois, c’est rentrer dans une autre temporalité. Celle de la trois dimensions, celle de l’image en mouvement et celle d’une autre époque. Car le jeune homme, né en 1984, ne cesse d’être fasciné par les heures glorieuses du cinéma américain des fifties et sixties. Ses héros et ses icônes se nomment Robert Mitchum, Cary Grant, Marilyn Monroe ou Rita Hayworth. Représentatif de sa génération, il a passé une grande partie de son adolescence à regarder des films mais, contrairement à ses aînés, il les visionna uniquement sur magnétoscope ou DVD et ne mit que très rarement les pieds dans une salle de cinéma. D’où cette action innée et intuitive de pouvoir arrêter l’image, de l’analyser, la dupliquer ou de faire des retours en arrière. L’image cinématographique est devenue sa matière première, sa toile. Sa pratique consiste à prendre des photographies d’écrans qui lui servent ensuite pour réaliser ses dessins. Les formats restent volontairement petits afin de ne pas être envahis par le détail. L’important est dans la scène, le déroulé de l’action et l’interprétation qu’il va en donner.

Dans sa réflexion propre au dessin, Mathieu Dufois s’interroge sur sa différence avec la photographie. Son dessin doit atteindre un niveau de précision plus élevé, au niveau émotif et narratif, que celui d’un cliché. On se souvient que l’invention du médium photographique apporta aux portraitistes du xixe siècle une plus grande liberté, puisqu’ils n’étaient plus tenus de représenter leur personnage avec le plus d’exactitude possible, mais se différenciaient en faisant apparaître les émotions, l’âme, le « portait intérieur ». Mathieu Dufois semble procéder de la même manière et rechercher un ailleurs enfoui, voire une violence cachée au sein de cette banque d’images. Ses scènes de films américains témoignent aussi de l’envers du décor hollywoodien. Elles dévoilent le revers du glamour à travers une atmosphère lourde et froide. Cadrés au plus prés, ses personnages semblent souvent inquiets, habités. Il octroie d’ailleurs très peu de place au décor du second plan, afin que l’attention soit focalisée d’autant plus sur le personnage principal. Peu à peu, Mathieu Dufois emploie ses propres photographies comme matière première. Elles sont prises la plupart du temps la nuit, à la recherche d’une certaine atmosphère, influencée par le roman noir. Elles sont tirées dans un petit format, afin que le dessin « invente des formes et réalise autre chose ». S’il dessine, c’est aussi parce qu’il aime la matière. Il aime se salir les doigts, employer cette pierre noire, très grasse, qui lui permet de travailler au mieux les effets de contraste et de grain. Il aime la poudre et le papier qui s’effrite.
Ses derniers dessins ont été réalisés dans le but de les monter en un court-métrage qui s’intitule Les GraphitoScopes. Pour les réaliser, Mathieu Dufois se lance dans ses séries avec une grande vitalité, la difficulté étant de maintenir une cohérence entre chaque feuille. Il dit rentrer dans une forme d’inconscience, presque de transe, dans laquelle le dessin prend forme par lui-même. GraphitoScope est le premier volet d’une trilogie à venir. Tout en prenant son indépendance par rapport au cinéma, il prévoit pourtant d’imaginer une scène dont Alfred Hitchcock parla un jour pour La Mort aux trousses, mais qu’il ne réalisa jamais… Cinquante ans après, et même si le jeune artiste affirme ne pas éprouver de nostalgie pour cette période mais vouloir analyser quelle émotion elle procure aujourd’hui, force est de constater que ce cinéma mythique fascine toujours autant.

 

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